Initiée en 2004, la Journée du patrimoine culturel immatériel (PCI) est conçue comme un outil de diffusion de la Convention pour la sauvegarde du PCI auprès du public et un espace de débat entre experts et praticiens français et étrangers. Cette 18e édition s’intéresse à l’engagement de la Maison des Cultures du Monde dans la sauvegarde du PCI, d’une part, et dans la création d’une discipline, l’ethnoscénologie, d’autre part.
De 1939 à 1984, Claudie Marcel-Dubois et Maguy Pichonnet-Andral, les deux chercheuses qui ont fondé l’ethnomusicologie de la France, ont sillonné les campagnes de métropole et d’outremer pour enquêter sur les pratiques musicales et chantantes, la fabrication des instruments de musique populaire ou le rôle des phénomènes sonores d’origine humaine dans les manifestations festives.
Les archives sonores, photographiques et textuelles constituées au fil des enquêtes, numérisées par le Mucem et les Archives nationales qui les conservent, sont désormais accessibles dans Didómena, l’entrepôt des données de la recherche de l’EHESS ; elles sont également éditorialisées sur un site dédié : Les Réveillées.
Pour en faciliter l’appropriation, un séminaire itinérant en sept séances est proposé durant l’automne 2022, avec le soutien du ministère de la Culture (direction générale des patrimoines et de l’architecture) et du réseau des ethnopôles, dont est membre le CFPCI. Il permettra de réinscrire la démarche des enquêtrices dans le mouvement biséculaire de collectage et de légitimation des musiques de tradition orale, amorcé avec la publication du Barzaz Breiz (1839) et relancé par les associations de musiques et danses traditionnelles issues du folk music revival des années 1970.